Les pistes de travail suite à la réunion du 28 mai 2020

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Notes prises au cours de la réunion CEDREA / « Lignes de crête ».

Ont participé à cette réunion à distance en vidéo : Aude, Benjamin, Marc, Michel Castan, Michel Liu, Tahar, Françoise, Jérôme arrivé à 15h.

Le premier échange concerne l’écriture.

Comment des acteurs chercheurs écrivent, émergent grâce à l’écriture ?

Il est question du chapitre écrit par Ghislaine Sury dans l’ouvrage sur la recherche action publié par Jean Marie Mesnier de Paris 3. Se découvrir auteur, les écritures pluriels, les regards croisés des autres sur ce que l’acteur-auteur est en train d’écrire, et leur aide à préciser sur ce que l’auteur souhaite exprimer, formuler.

Michel Liu : Marc avait fait des remarques intéressantes avec les pompiers ; sur leurs difficultés à écrire le passage de l’action à la réflexion sur l’action. Ils étaient peu réceptifs à des textes écrits ; il n’y avait pas de passage par l’écrit.

Tahar : une éclipse verbale, liée à l’émotion est là. Les acteurs ont du mal à verbaliser, à partager les expériences. Lancer une formation pour se mettre à écrire.

Benjamin : deux démarches possibles, acquérir un outil existant, ou adapter l’outil à la personne. Texte d’un collègue Samir dans lequel il y a des fautes d’orthographe, faut-il le publier dans sa forme brute ?

Michel Liu : but, finalité de l’écriture ? le passage à l’écriture n’est pas évident.

Benjamin : L’expression orale n’est pas plus facile.
Actuellement le texto approprié par les jeunes, la communication académique.

Michel Liu : appropriation de sa propre expérience, de la vie
La transmission se fait aussi par le comportement pour les jeunes.

Tahar : un collègue a du mal à écrire, mais n’hésite pas à écrire .
Mettre en place des passeurs dans la durée.

Benjamin : la stigmatisation de l’orthographe n’a pas toujours été.
La langue est réappropriée par ceux qui souhaitent s’exprimer.

Michel Liu : niveau interne à la personne, avoir un langage qui permet de l’exprimer et tenir compte du public auquel il s’adresse. L’élaboration de la pensée est difficile.
Clarifier l’expression qui est au fond de soi est plus général que la logique.

Marc : a conduit un travail sur l’écriture, sur l’explicitation. Certains visualisent dans leur tête mais ne peuvent pas en parler. Ils voient la complexité, mais l’écriture ne leur permet pas de restituer toutes les émotions, d’où une frustration. Il y a chez certains une appétence à verbaliser, en particulier la misère des gens qu’ils vivent parfois.
Les pompiers sont exposés physiquement, émotionnellement, ils ont des besoins de partage.

Michel Liu : les gens d’ATD Quart Monde ont élaboré un savoir, en particulier dans le cadre des universités populaires ATD Quart Monde et réfléchi sur l’expérience et le savoir transmissible.

Marc : Problème de la verbalisation du savoir, de l’intelligence
Aux Arts et métiers, émancipation par le travail ; prise de conscience de soi.

Tahar : Intériorité de l’intelligence… ligne de crête…

Aude : autobiographies raisonnées.
Il est demandé aux candidats à l’IRTS de produire un écrit sur leur parcours professionnel. Souvent les candidats sont inquiets et cela en déstabilise certains.
Faire respecter l’orthographe, c’est au cas par cas.
Atelier d’écriture , permet, éventuellement, d’oser exprimer quelque chose à quelqu’un d’autre

Marc : j’ai encadré des mémoires. Je propose une méthode d’autobiographie… « mettre les choses avec vos mots… contrôle sur votre ligne de vie, sur votre propre histoire »

Tahar : je n’étais pas sûr de la légitimité de ce que j’écrivais ; j’étais dans le doute parce que ce n’était pas reconnu.

Michel Liu : Toute formation autour de l’expression, est une mise en confiance, considération ; la certitude, l’évidence pour l’aidant que la personne en face a quelque chose d’unique. « Moi, l’aidant, je ne connais pas, et ce qu’il a à dire est unique et important ». Il faut que la relation puisse s’établir ; la relation est première, l’ingénierie est seconde

Jérôme : relation de personne à personne, relation de confiance.

Michel Liu : Cette relation de personne à personne peut s’établir au milieu d’un groupe. Michel cite Ivan Illitch conversant avec une personne en particulier dans une salle de 500 personnes. Cet échange nourrit aussi les autres.

Michel Castan : Moi, je suis restée sur l’idée de la biographie raisonnée valable pour certains. J’ai commencé à écrire sur le territoire, je rencontre de vrais freins. Notre écriture professionnelle d’éducateur, est codifiée. L’éducateur est attendu à un endroit d’écriture, et ce n’est pas simple.
L’idée d’un moment d’écriture sur la personne, là où elle est, a été une expérience d’écriture dans un foyer ; cela a aidé à se décentrer.

Tahar : Qu’est ce qui peut t’aider, un travail sur l’histoire du quartier ?

Michel Castan : Ce n’est pas simple, il faut du temps, il faut s’adresser à des personnes.

Puis il y a un échange sur le texte de Samir.
Et un échange sur d’autres formes d’expression comme le dessin, la bande dessinée, la caricature, tel le dessin quotidien de Plantu dans le Monde.
Nous reprenons l’échange à propos du texte de Samir, Michel Liu propose que nous ayons connaissance de ce texte, et que la décision de publier sur le site de Cedrea soit prise au cas par cas.

Tahar  : pose alors la question de la recherche à mettre en place.

Michel Castan : une dynamique de R-A peut s’établir autour de problématiques ; construire des problématiques. Militantisme et éducateurs dans les quartiers.
Autre question, qui est-on en tant qu’éducateur par rapport à la violence des jeunes dans les quartiers. Qu’est-ce qui cadre nos réflexions ?
Problème de la violence des jeunes avec des histoires, des rivalités. Plus on creuse l’histoire des quartiers , plus c’est difficile d’arriver à sortir des questions endogènes des quartiers Riquet/Cambrai.
Travail autoréflexif. Ma pratique est questionnée par ces échanges.
Recentrage sur qui on est ?

Tahar : La configuration a changé. comment on va reconstruire

Françoise : faire le recensement, l’inventaire des questions

Tahar : Samir se pose des questions, l’addiction au quartier, la question du trafic
C’est extrêmement difficile par rapport à la violence. La réflexivité

Benjamin : comment s’ancre-t-elle dans la pratique ? une forme concrète de cette démarche est l’interrogation d’une même personne par deux personnes différents.

Aude : retour sur le terrain des éducateurs ; ils ont actuellement des missions humanitaires

Tahar : lutte contre la pauvreté

Michel Castan : Bon moment pour spéculer ; continuité éducative – fragilité sur l’insertion – il va falloir faire face, le COVID peut –être saisonnier.

Tahar : spirale de la violence… le COVID a des conséquences

Aude : les impacts sur les gens
Le sens de la recherche – recherche émancipatoire pour les jeunes et les moins jeunes.
Sens de l’objet de recherche avec les jeunes
Interview

Marc : autobiographies raisonnées, formation thématique du réseau

Tahar : il y a des textes écrits sur le site du CEDREA
Mettre par écrit nos questionnements.

Aude : le confinement a été une période intéressante pour la question du climat, le monde sans avion, sans voiture.
Par rapport à la violence, de quelle violence parle-t-on ?

Tahar : questionnaire par rapport aux questions de Bruno Latour
Comment on va faire le travail ?envie de retrouver le terrain tel qu’il est

Michel Liu : expérience extraordinaire, même on ne se rend pas compte. Voir ce qui a changé, ce qui n’a pas changé. Je suis inquiet pour le monde d’après.
Mettre en avant, les premiers de corvées ; la fonction de l’enseignement qui serait d’abord de garder les enfants…, les nouvelles technologies qui ont fait des bons.

Tahar : on a vu apparaître les gens qui savent, les gens qui savent pas ce qu’on va faire demain

Michel Liu : nouvelles créations de liens – vision moins pessimiste – on était très centré sur la consommation, cette attitude a été remise en cause pendant le confinement.

Aude : à propos du site CEDREA, veut-on qu’il soit ouvert au public ou plus confidentiel ?

Posté le 28 mai 2020 par Françoise Crézé